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Sud Web 2016 : Retour sur l’édition Bordelaise

Journée 1 - Les conférences

C’est la première édition de Sud Web à laquelle nous participons, nous étions ainsi très curieux du format que ce rassemblement allait prendre.

La première journée proposait des conférences sur différentes thématiques. Bien accueillis par des viennoiseries et du café pour bien commencer la journée, nous avons très vite enchaîné avec le programme du jour. Les différents speakers se sont relayés tout du long via différents formats de conférences allant de 5 à 30 minutes. Les plus longues étant entrecoupées par des plus courtes pour dynamiser la programmation.

Le fil rouge qui articulait les talks entre eux, était une allégorie du fait de grandir. La maîtresse de cérémonie - une ex-ingénieur, à présent comédienne (Pauline Calmé) - jouait la carte de l’humour, en illustrant au travers de courtes scénettes les différents âges de la vie, de l’enfance à l’âge adulte. Cela permettait d’introduire les conférences sous un angle différent, évitait le moment de blanc entre les intervenants, permettait de détendre le public et symbolisait le cheminement du domaine du web, de ses balbutiements jusqu’à son âge actuel.

Côté speakers, de nombreux points positifs sont à mentionner : une envie de partager des expériences, une passion pour leur travail et une capacité de vulgarisation de leurs sujets pour qu’ils soient accessibles à tous. A Sud Web, on essaie de parler à tout le monde, que l’on soit ingénieur ou designer. Les problématiques et les expériences remontées sont suffisamment globales pour que personne ne soit mis de côté.

photo par Nazcange des participants

Photo par Nazcange

L’aspect très ancré dans l’actualité des thématiques abordées était fort appréciable : le talk sur le Code & Travail par Rachel Saada, avocate au barreau de Paris, les questionnements et inquiétudes concernant le marché du travail soulevés par Roxane Debruyker ou encore l’intervention de Matthew Caruana Galizia - journaliste et développeur web à l’ICIJ - sur le traitement et l’exploitation des données dans l’affaire des Panama Papers; sont le reflet de ce qu’il se passe dans la société et comment cela impacte le domaine du web dans lequel nous travaillons.

La présence d’une quasi-parité au niveau des intervenants est également un point suffisamment rare au sein des conférences pour être souligné. Sur 17 intervenants, notons la présence de 7 femmes, issues de toutes professions - de l’ingénierie au design - et d’une maîtresse de cérémonie.

Niveau organisation, les conférences étant ponctuées par des moments de pause pendant lesquels il était possible d’échanger tous ensemble et avec les speakers. L’avantage de suivre toutes les conférences est de pouvoir débattre pendant ces instants sociaux. C’est l’occasion de rencontrer des visages que l’on ne connait que via les réseaux, de se confronter à des profils nouveaux et d’échanger ensemble. La soirée de vendredi regroupait tous les participants au Potato Head, ce qui permettait de discuter dans un cadre plus intimiste et de prolonger les échanges débutés dans la journée. L’avantage des places limitées amenant un format plus convivial aux visiteurs et favorisant l’interaction par petits groupes.

photo par Marie Guillaumet de la conférence de Stefanie Posavec

Photo par Marie Guillaumet

Notre coup de coeur conférence

Nous avons beaucoup apprécié le retour de Stefanie Posavec sur son projet mené sur 52 semaines intitulé «Dear Data». Avec une autre designer d’informations, elles s’étaient données pour challenge de choisir d’enregistrer différents type de données de la vie de tous les jours et de se les envoyer mutuellement par la poste, avec chaque semaine une thématique différente : le nombre de fois où elles avaient dit merci, le nombre de fois où elles avaient rit, … et de les traduire sous forme de data visualisation sur des cartes postales à l’aide de crayons de couleurs, de feutres et d’autres outils de dessin traditionnel.

La démarche regorge d’idées intéressantes et porte un regard nouveau sur ces petits gestes du quotidien que l’on fait sans s’en rendre vraiment compte et que la technologie ne peut pas (encore !) enregistrer.

Journée 2 - Le forum ouvert

La deuxième journée reposait sur un système d’auto-organisation, via un forum ouvert. Les participants se réunissaient dans un lieu où différentes salles étaient mises à leur disposition pour organiser des ateliers, des débats, des séances de réflexion collectives sur des thématiques que tout le monde pouvait proposer et auxquelles chacun pouvait se rendre et en partir à loisir (pratique quand on a deux activités qui nous plaisent autant l’une que l’autre dans le même créneau horaire !). A nouveau, l’avantage du nombre limité de participants rendait les activités accessibles à tous, pour que chacun y trouve son compte et dans de bonnes conditions. De ce fait, cela permettait à tout le monde de devenir un acteur de Sud Web et de favoriser de nouveau les échanges et la collaboration.

photo par Marie Guillaumet des ateliers proposés

Photo par Marie Guillaumet

Parmi les ateliers proposés spontanément par les participants, on dénombrait de nombreux axes comme «Enseigner le web, ensemble ?» qui permettait de réfléchir sur les différentes méthodes d’enseignement existantes et sur les bonnes manières de transmettre ses connaissances, un atelier sur la revue de code et quelles étaient les bonnes pratiques, un atelier pour décrypter sa fiche de paie ou en savoir plus sur la mise en place du télétravail, une table ouverte sur le Burn out, comment le détecter et l’éviter, etc… (et même un très chouette atelier lettering et crayolas proposé par Laurence Vagner pour changer des pixels !)

Verdict : à refaire !

Cette première édition de Sud Web s’est révélée être une expérience agréable et très ancrée dans le monde du web d'aujourd'hui. Le format actuel est bien pensé et permet de proposer aux participants le passage d’une expérience de spectateur à celui d’acteur de la conférence.

Parmi les valeurs et les idées qui dominaient cette édition, le fait de se sentir bien dans sa vie et dans son travail, le partage, la participation, l’investissement des individus dans des initiatives collectives ou personnelles et l’envie d’apporter à la société et à notre domaine via des alternatives au système classique témoignent de l’évolution des métiers du web en France.

L’équipe (la «Thym» Sud Web) qui organise l’événement a effectué un travail remarquable, le mot à retenir de cette expérience est «Bienveillance». Une bienveillance que l’on retrouve aussi bien au niveau des organisateurs que des participants, qu’ils soient speakers ou visiteurs.

Nous sommes plutôt satisfaits de cette première expérience Sud Web et sommes convaincus de revenir l’année prochaine ! Et pourquoi pas, de proposer une thématique pour un forum ouvert autour du travail en équipe auto-organisée ou d’un retour d’expérience sur Yaal afin de rencontrer d’autres profils à la recherche d’alternatives plus humaines au monde du travail classique.

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